Amelie à la rencontre de Sophie Calle

Amelie à la rencontre de Sophie Calle

Sophie Calle est née en 1953 à Paris mais elle grandit dans le Gard (« Tous mes souvenirs d'enfance sont liés à la région d'Aigues-Vives ») ; elle est la fille de Robert Calle, médecin et ancien directeur de l'Institut Curie ; il est collectionneur et il est à l'origine du Carré d'Art (musée d'art contemporain de Nîmes). Sophie Calle sera ainsi fortement influencée par l'entourage et les amis de son père, comme Martial Raysse, Arman, Christian Boltanski… 

Après avoir voyagé pendant 7 ans à travers le monde (comme maoïste, féministe, militante…) en 1980  elle revient à Paris ; c'est une solitaire, un peu perdue, sans amis, elle décide alors de découvrir la ville à travers les autres. Elle commence à suivre des inconnus, elle choisit un homme au hasard et le suivra jusqu'à Venise ! Un autre jour c'est une amie qui lui fait remarquer la tiédeur de ses draps lorsqu'elle se couche à ses côtés… Suivra l'idée d'inviter des personnes à occuper son lit 24h/24 ; (Fabrice Luchini, lui-même, répondra à son invitation !). Elle prend des clichés des dormeurs et c'est cette première performance (Les Dormeurs) qui la fera remarquer par le critique Bernard Lamarche-Vadel. « C'est lui qui décida que j'étais une artiste », nous confiera -t-elle ! Elle sera ainsi invitée à la biennale de Paris.

En 1981, elle s'installe à Malakoff, dans une usine désaffectée qu'elle partage avec les plasticiens Christian Boltanski et Annette Messager. C'est une solitaire et son travail s'intéresse à la montée de l'individualisme. Ses œuvres mêlent le "je" et le "jeu". C'est par le jeu qu'elle met en scène le "je" ; souvent attirée par des scénarios dangereux et pervers. C'est elle qui décide des règles, elle cherche ainsi à contrôler la séduction et l'amour, qu'elle met souvent en scène dans son œuvre. Les thèmes de la disparition, de la trace, de l'absence sont aussi des thèmes de prédilection. Ses fantasmes nourrissent les expériences de son quotidien. Ses œuvres interrogent la limite entre la sphère publique et la sphère privée et placent souvent le spectateur comme voyeur. L'art a pour elle une fonction curative, elle convoque ses propres douleurs qu'elle confronte aux témoignages qu'elle recueille.

Récits, anecdotes, faits divers, autoportraits, confidences… Différents modes d'expression qu'elle utilise sur tous les supports possibles : livres, photos, vidéos, films, performances. Son œuvre a été exposée dans les plus grands musées du monde : au Centre Georges Pompidou « M'as tu vue » en 2004, au MoMA à NY, à la biennale de Venise en 2007… Au musée de la Chasse et de la Nature en ce moment (en référence, « la balade de Paula » dans le journal de Zeuxis !).

Si on a la curiosité de se pencher sur son œuvre (et on a cette curiosité chez Zeuxis), on ne cessera d'être étonné par son audace et sa créativité ; elle provoque certes mais toujours avec humour et sensibilité ; c'est le cas par exemple, lorsqu'à l'occasion de l'inauguration du tracé de la ligne 3 du tramway d'Ile de France, elle crée l'une des 9 œuvres commandées pour l'occasion ; « Le Téléphone ». C'est une cabine téléphonique sculptée en forme de fleur par l'architecte Frank Gehry. Sa seule fonction sera de recevoir ses propres appels ! Elle s'est engagée à appeler cette cabine plusieurs fois par semaine pour parler à l'inconnu qui voudra bien décrocher…

Sûre que Amelie décrochera son téléphone avec émotion, si elle prend rendez-vous dans sa nouvelle Art-Room rue de Clauzel...

Sophie Calle à la Biennale de Venise en juin 2007 © Crédits : Alberto Pizzoli - AFP


© Série Les Dormeurs par Sophie Calle

Exposition au Centre Pompidou, Paris © M'as-tu vue par Sophie Calle

Exposition au musée de la Chasse et de la Nature © Beau doublé, le marquis ! par Sophie Calle

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