Camille Claudel (1864-1943)

Camille Claudel (1864-1943)

Passionnée de sculpture dès son adolescence, les mains dans la glaise, c'est à Nogent-sur-Seine (Aube) que Camille Claudel rencontre le jeune sculpteur, Alfred Boucher, qui lui fera prendre conscience de « ses dons exceptionnels ».

A Paris, contre la volonté de sa mère qui luttera toute sa vie pour la détourner de cet art, Camille Claudel, encouragée par son père, suit des cours à l'Académie Colarossi. Elle loue son premier atelier rue Notre-Dame-des-Champs, rejointe par sa meilleure amie, sculpteur aussi, Jessie Lipcomb.

C'est en 1883 qu'elle intègre l'atelier d'Auguste Rodin, rue de l’Université, elle a alors 19 ans. Dès ses premières œuvres ( « Vieille Hélène » et « Paul à 13 ans »), Camille fait grande impression au Maître. Elle participe à l'exécution de plusieurs œuvres de Rodin (« Les Bourgeois de Calais » par exemple) . S'installe alors entre eux une vraie complicité "artistique" qui deviendra très vite amoureuse. En effet, Rodin ne résiste pas longtemps à son charme, à son originalité, à sa farouche volonté et à son talent de génie ! « Je lui ai montré où trouver l'or, mais l'or qu'elle trouve est bien à elle », nous confie-t-il. Ils vivront un amour passionné pendant 10 ans mais jamais Rodin ne quittera sa compagne, Rose Beuret , provoquant de violentes colères de jalousie chez Camille.

« Sakountala » (1905), une sculpture en marbre, nous émeut par l'expressivité passionnée et exclusive des corps nus. La « Valse », véritable chef d'œuvre nous montre bien l'étendue de son génie. Saisir sur le vif l'intensité d'un instant, avec toute sa densité tragique... La "Petite châtelaine" (1896) est une merveille de délicatesse.

En 1892, le couple se sépare ; Camille est déchirée : « L'âge mur » (1899) est une allégorie du temps qui passe et de la fin d'une passion. Camille Claudel tente de se libérer de l'influence de Rodin ; « Les Causeuses » (1895), « La Vague » (1897), en sont une vraie démonstration.

En 1899, elle installe son atelier à l'hôtel de Jassaud sur l'île Saint-Louis ; elle s'isole, recluse dans son atelier. Elle semble alors atteinte de profonds troubles obsessionnels et paranoïdes. En 1912, elle détruit ses œuvres « pour se venger de ses ennemis ». En 1913, à la mort de son père, son unique protection, elle sera internée à la demande de sa mère et de son frère Paul, durant ses 30 dernières années. Elle vivra cet internement dans la détresse, isolée et abandonnée de tous.

A 78 ans, Camille Claudel meurt à l'asile, de malnutrition ; elle sera inhumée à Montfavet puis enterrée dans la fosse commune. Elle nous laisse une œuvre remarquable qui est... toute entière l'histoire de sa vie. Un musée, ouvert depuis mars 2017 à Nogent-sur-Seine, lui rend l'hommage qu'elle mérite tant. Et une salle au musée Rodin lui est consacrée.


L'âge mur, Camille Claudel ©LM Magazine


©Portrait de Camille Claudel

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