Talk très pertinent sur France Culture...

Talk très pertinent sur France Culture...

France Culture interroge Nathalie Heinich, sociologue de l’art, qui vient de signer son dernier livre "Le paradigme de l’art contemporain : structure d’une révolution artistique."

Nathalie étudie la réaction du public devant les oeuvres et essaye de comprendre ce qu'est vraiment l’art contemporain.

Cette révolution artistique qui a démarré dans les années 60 et a été institutionnalisée dans les années 80 (le Pont Neuf « emballé » par Christo...), a rapidement suscité de nombreux débats et critiques.

La querelle a démarré au début des années 1990 entre des partisans à ce monde et des détracteurs qui ne comprenaient pas son sens.

Cette querelle est liée à la définition même de l’art contemporain, entre des adeptes qui parlent d’un ensemble de codes et des militants qui jugent les œuvres réalisées.

L’art contemporain désignerait donc un paradigme / un monde avec des codes très particuliers (plutôt que les œuvres ou une période chronologique).

Quels sont donc les codes de l’art contemporain, de ce nouveau paradigme ?

Ses critères n’ont évidemment rien à voir avec ceux de l’art classique ou l’art moderne.
Pour mémoire, le socle de l’art classique consistait à respecter les canons de la figuration. Celui de l’art moderne à réaliser une œuvre qui témoignait de l’intériorité de l’artiste. Celui de l’art contemporain c’est la transgression même.

- La transgression des canons esthétiques : l’objet n’a plus d’interet en soi, seul le discours autour, la démarche artistique sont valorisés

- La transgression des médiums/des formes avec des assemblages, des gestes, des images, etc.

- la transgression des genres qui débordent sur d’autres segments comme la danse, la vidéo, le théâtre avec les performances

- La transgression dans la conception même que l’on a de l’art qui n’est plus un objet mais l’expérience que cet objet procure

- La transgression même de la représentation de l’artiste qui dans notre imaginaire est « pauvre », bosseur et dans l’ombre et qui désormais est milliardaire et aspire au succès et aux paillettes.

L’art contemporain a donc pris une posture d’opposition (plutôt que positive) : la logique de transgression systématique est la règle.

La singularité est donc un impératif et le renouvellement obligatoire mais peut on se renouveler sans fin ?

Est ce que cela peut-il durer longtemps ? Prendre un contre-pied sans arrêt n’a pas de sens...

L’auteur prend donc le risque d’expliciter des règles du jeu (qui doivent rester implicites par snobisme dans ce petit milieu) et on la lui remercie.

On fonce s’offrir ce livre et on vous suggère de faire de même et en attendant n’hésitez pas à écouter ce podcast de 30 minutes !


Nathalie Heinich


Le Pont Neuf empaqueté par Christo

Laisser un commentaire

* Nom :
* Email :(non publiée)
   Website: (Url du site http://)
* Commentaire
Prenez rendez-vous