Un tableau...

Un tableau...

"Nighthawks", "Les oiseaux de nuit" est une huile sur toile (85cm/150), réalisée par E. Hopper en 1942. C'est sa toile la plus célèbre. Elle est exposée à Chicago au "The art Institute" et appartient au courant "réaliste-moderne" (mouvement artistique apparut en Amérique en 1908 qui met en scène la vie quotidienne des habitants des bas quartiers de NY).

Le tableau est glaçant... il joue du clair-obscur et captive le regard. Il représente un "dîner" américain "Le Phillies". Il est tard ! La rue (Greenwich?) est sombre et déserte et le spectateur se sent voyeur et très seul. Il regarde cette salle à l'éclairage cru, à travers la grande vitre qui le sépare de la scène : c'est presque un décor de théâtre. Il est à la fois dehors et dedans ! Il attend avec angoisse, il peut tout imaginer...

À l'intérieur de la grande salle il y a 4 personnes aux postures figées, comme si le temps s'était arrêté !

Un homme est assis seul, en costume, on ne voit que son dos voûté. Il tient un verre, est accoudé au comptoir, pensif il attend... Face à lui un couple : la femme porte une robe rouge, elle est rousse, très maquillée et tient dans la main un billet plié. Les yeux baissés, elle est un peu songeuse. À côté d'elle, à sa droite, est assis un homme vêtu d'un costume sombre. Il porte un chapeau. Son profil est celui d'un "rapace" au visage émacié et au nez aquilin (est-ce une prostituée et son futur client ? On le pense...) ! Cette jeune femme n'est autre que Jo, la compagne de Hopper dans la réalité.

De l'autre coté du comptoir en bois, le barman porte une blouse blanche et une toque sur la tête, il est penché et semble affairé. Il regarde sa cliente, peut-être lui parle-t-il ?

Derrière lui 2 énormes percolateurs, 2 machines sans vie, prennent visuellement trop de place !  

À l'extérieur tout est silencieux, noir et inhabité.

La rue est éclairée par la lumière jaune et oblique qui provient du bar ; de l'autre côté, on devine dans une autre vitrine éteinte une caisse enregistreuse... Objet tapi dans l'ombre. L'ambiance du décor est lourde, on ne saurait dire pourquoi ? L'immense baie vitrée semble enfermée les personnages dans un huit clos dramatique. Ni entrée, ni sortie. L'atmosphère est tendue et figée ; du vide, du froid et de la solitude... On aimerait se rapprocher,  zoomer sur les détails pour percer ce mystère.

Ce tableau laisse le spectateur libre de tout imaginer : "c'est un film" à lui tout seul... Sans doute inspiré de la nouvelle "The Killers" d'E.Hemingway ?(1927) .

Hopper parle de la face cachée du rêve américain. Il dénonce en fait "L'American Way of Life" alors que les Etats-Unis vont bientôt devenir la première puissance mondiale et il pose la question : "en quoi ces personnes-là sont elles libres ?" 

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