Il était une fois... Picasso !

Il était une fois... Picasso !

En 1900, Picasso est âgé de 19 ans et quitte Barcelonne pour Paris. En 1904 il installe son atelier au Bateau Lavoir à Montmartre. Picasso passe 9 mois à peindre Les Demoiselles d'Avignon et c'est en 1907 que le tableau est "achevé " (...inachèvement voulu !).  

C'est une très grande toile peinte à l'huile, presque carrée (244 x 234 cm) qui met en scène cinq femmes nues sur un fond d'étoffes bleutées, toutes réunies autour d'une assiette de fruits (pastèque, pomme, poire et raisin). Avant de peindre ce tableau Picasso noirci des cahiers entiers avec des centaines de dessins préparatoires. Pour l'anecdote, dans ses esquisses, un marin et un étudiant en médecine figuraient dans son projet pictural, reflet de sa crainte des maladies vénériennes et de la mort. 

Les corps et les visages sont anguleux, disloqués, déformés... Les femmes par leur regard insistant et par leur attitude provocatrice sollicitent le spectateur qui devient ainsi "voyeur". C'est en souvenir du "Carrer d'Avignon",  rue chaude de Barcelonne près de laquelle il habitait, que Picasso choisit le sujet. On y décèle les influences d'Ingre (Les bains turcs), de Goya, de Cezanne (Les grandes baigneuses), de Gaughin, de Matisse... mais aussi celles de la sculpture ibérique et des masques africains que le jeune peintre collectionne (on se souvient de Picasso fasciné par la visite du musée ethnographique de Chaillot). 

Picasso est un remarquable dessinateur et tout à coup il décide de brusquer la représentation et d'en faire ressortir le côté "primitif" -Les masques des deux femmes à droite ont perdu toute humanité !-. Picasso joue avec les règles de la perspective en déstructurant les corps et les visages. Il utilise trois couleurs principales : des bruns pour le fond, des bleus gris pour le drapé et des ocres rouges et rosés pour les corps. Les tons froids et chauds s'entrechoquent. L'artiste souligne le dessin de blanc et de noir, ce qui accentue l'effet de déstructuration de la toile. Dans ce tableau, Picasso montre une réelle volonté de sortir du dessin conventionnel, certaines parties sont représentées d'une façon démesurée (le nez, les yeux) et pas dans le bon axe. Il pose ainsi les bases du cubisme (1908-1914). Plus que le sujet c'est sa façon de peindre qui scandalise. En voyant le tableau pour la première fois en 1907, ses amis le perçoivent comme un acte de "terrorisme", "C'est comme si tu voulais nous donner à boire du pétrole pour cracher du feu.... Un jour nous apprendrons que Picasso s'est pendu derrière sa grande toile...". 

Ce tableau est un vrai bouleversement culturel de l'histoire de l'art et devient une oeuvre clé de l'art moderne . 

C'est André Salmon qui lui donne son titre définitif en juillet 1916 pour le Salon d'Antin. 

C'est Jacques Doucet, couturier et Mécène, qui en sera le premier acquéreur en 1924 pour la somme de 25 000 francs. 

En 1937, la veuve Doucet cède le tableau à la galerie Jacques Seligmann. 

C'est en 1939 que Alfred Ban l'achète pour le musée d'art moderne de New-York pour 200 000 francs où on peut encore de nos jours l'y admirer. 

À bientôt pour de nouvelles histoires qui vous plonge au sein d'un tableau pour mieux le voir et mieux le comprendre.

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