Georges Braque (1882-1963)

Georges Braque (1882-1963)

C'est en me promenant sur les hauteurs de Varengeville-sur-mer que j'ai trouvé dans le cimetière marin de l'église de Saint-Valery la tombe de Georges Braque qui domine les falaises ; elle est ornée d'une céramique qui représente un envol d'oiseaux et on peut admirer à l'intérieur de l'église un des sept vitraux qu'il a créé : l'Arbre de Jessé. 


Braque est un des peintres marquants dans l'histoire de la peinture ; plutôt bel homme il sera souvent photographié par Robert Doisneau, Man Ray et dessiné par son ami Giacometti. Paulhan remarque cependant que Braque est un des rares peintres a n'avoir jamais fait son auto-portrait ! L'homme est modeste, discret et plutôt timide. "Il accepte la gloire avec calme. C'est aussi qu'en Braque... l'homme est ailleurs..."



Marie Laurencin, Francis Picabia sont les premiers amis qu'il se fera à Montmartre en 1902, lorsqu'il arrive à Paris. Marie devient sa confidente, ils se dessinent mutuellement et se baladent dans Paris. C'est à l'école des Beaux-arts de Paris qu'il rencontre Othon Friesz et Raoul Dufy en 1905 ; il y étudie l'impressionnisme et se rallie au fauvisme aux côté de Matisse et Derain. (La Petite Baie de la Ciotat 1907) En 1908, Braque visite l'atelier de Pablo Picasso ; il y découvre la fameuse toile des Demoiselles d'Avignon ; il est étonné par l'audace de Picasso mais y retrouve sa propre orientation menée avec Viaduc à l'Estaque ou le Grand Nu. C'est à partir de là que commence la "cordée Braque-Picasso" ; avec ces deux artistes sans cesse en recherche et en confrontation. "Ce que la rencontre entre Picasso et Braque fait surgir c'est que le motif n'est plus la peinture..." (Pierre Daix)



Braque et Picasso sont souvent désignés comme "les fondateurs du cubisme" et l'énorme malentendu est difficile à lever. "Quarante ans plus tard Picasso ne veut rien laisser à Braque, ni le cubisme analytique, ni le cubisme synthétique..."



Braque n'en finit pas d'inventer : il sculpte le papier, le carton, il découpe et il colle, il mêle à sa peinture de la sciure de bois, du sable... C'est en 1913 que la relation Braque-Picasso se dégrade et ils n'éprouvent plus le besoin de se retrouver, "la Cordée" se délite... Braque n'est pas loin de penser que Picasso trahit le cubisme et leur jeunesse. Il rejoindra Juan Gris qui est alors le seul peintre dont il reconnaît la valeur. 
C'est à Varengeville, de 1939 à 1940, que Braque rencontre Joan Mirô... "Les deux peintres entretiennent une relation d'amitié et de confiance." On y croise aussi Alexandre Calder et Raymond Queneau. Pendant cette période Braque se consacre exclusivement à la sculpture. (Hymen... Le Petit Cheval)


"La liberté n'est pas accessible à tout le monde. Pour beaucoup, elle se place entre la défense et la permission." C'est sur cette confidence que nous quittons cet homme libre et attachant, sans compromis ni compromission.

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