Il était une fois... Le Caravage

Il était une fois... Le Caravage

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage, est un peintre italien né à Milan en 1571 et mort en 1610 à Porto Ercole.

Homme de la Renaissance finissante, on le reconnaît aisément à l'essence en "clair-obscur" de ses toiles. Avec lui s'achève la soumission du visible à l'invisible, qui était la marque de l'art-médiéval ; il place l'Homme au centre du monde comme en son domaine, règne du sensible, omniprésence du naturel. Cette rupture brutale avec la transcendance est une véritable révolution et marque l'œuvre du Caravage.

Son œuvre est puissante et novatrice et elle révolutionne la peinture du XVIIe siècle ; sa peinture est brutale et crue par son réalisme et l'emploi du clair-obscur, usage très novateur,  plonge souvent le regard du spectateur dans d'inquiétantes ténèbres. "Réalisme et naturalisme " sont les deux termes qui qualifient le mieux la peinture de Caravage.

 

Il est "Maître du ténébrisme" dans son tableau "Le Souper à Emmaüs", où des noirs profonds ferment le fond ; dans cette sphère d'immanence close, nulle issue pour les personnages qui sont seuls avec eux même loin de toute réalité extérieure, nulle issue non plus pour le spectateur dont le regard est saisi par la scène. Dans son tableau, "la Madeleine en extase" on ne voit que le corps d'une femme exhibée dans tout son naturel, dans toute sa réalité, dans toute sa sensibilité : extase mystique ou pur ravissement charnel ?

 

Avec une intensité rare il les met en scène et dans un spectacle comme personne avant lui. A trop la regarder je l’entends presque gémir... Même exhibition dans "Saint François en méditation", "Ecce Homo" ou "Judith décapitant Holopherne"... Tous, dans la limite de leur finitude de pauvre humanité promise aux ténèbres extérieures qui l'entourent. La seule issue, bien sombre présage, "La vérité c'est la mort" semblent -ils tous dire. Ainsi aussi du "Joueur de luth" pleins de grâce et de beauté mais dont on ne retient que la tristesse...

Aucun dessin de Caravage n'a été retrouvé ; toute son œuvre connue est constituée de peintures.  En 2014, on en retenait 80, un grand nombre de tableaux a été perdu ou détruit et certains contestés quant à leur attribution. A cette époque les artistes ne laissent ni date, ni signature.

Il connaîtra un très grand succès dans un milieu de collectionneurs cultivés mais ses démêlés avec la justice (c'est un homme violent dont la réputation est sulfureuse) le conduiront en exil à Naples, à Malte et enfin en Sicile jusqu'en 1610, année de sa mort à l'âge de 38 ans.

La violence a jalonné la vie du Caravage ; orgueilleux, sanguin, colérique, jouisseur de la vie il est entouré d'amis, de protecteurs et de mécènes et autant d'ennemis.

La cause de sa mort reste mystérieuse. Mais le roman de sa vie est une autre histoire...

Au Musée Jacquemard-André à Paris jusqu'au 28 janvier 2019, cliquez ici.

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