L'Art de semer le trouble

L'Art de semer le trouble

Elmgreen et Dragset !? Je vous vois d'ici... Tous un peu perplexes. Souvenez-vous à Paris pour la Fiac...

Ces deux artistes-plasticiens scandinaves s'offrent le luxe de consteller la Place Vendôme d'étoiles de mer. Une installation "coup de théâtre" qui résume bien le mal-être de notre jolie planète. 


Michael Elmgreen et Ingar Dragset se sont connus en 1994 dans un bar gay d'Oslo. Depuis nos deux "partners in crime" sévissent ensemble ! Ils ont depuis installé leur atelier-studio à Berlin. On se souvient de leur "Higway Paintings" exposés à la galerie Perrotin... "Nous avons détourné les bandes blanches des autoroutes vers un point de vue esthétique, façon peinture abstraite." On voit en effet une toile couleur "bitume" avec deux bandes blanches parallèles qui se séparent de droite et de gauche...
Cela fait plus de vingt ans que ce duo, star de l'art contemporain, nous bousculent, nous déstabilisent, nous interrogent. 


Sans dessus-dessous, remettant l'envers à l'endroit et nos pendules à l'heure, ils décalent les travers de l'époque pour en dénoncer les excès. Leur premier grand coup de maître et de génie est cette "vraie-fausse" boutique "Prada Marfa", installée en pleins désert texan et qui propose toujours la collection 2005 de stillettos ! ON ADOORE ! C'est décalée et pleins d'humour : il faut le voir pour le croire !


Ils sont prêts à tout pour faire passer leur message : faire flotter un faux mort dans sa piscine qui est le mannequin d'un collectionneur, organiser une mini Fiac d'un jour dans un Grand-Palais vide, transformé le musée de Séoul en aéroport ; en 2017, ils laissent un vautour après la biennale d'Istanbul pour surveiller la ville... Autant de métaphores de nos angoisses collectives. À Londres, comme un conte moderne de plus en plus sarcastique et grinçant, ils viennent d'installer à la Whitechapel Gallery, une réplique de piscine municipale, vide et abandonnée, qui "aurait inspiré" David Hockney dans ses premières esquisses de la surface de l'eau ! Discerner le vrai du faux, le faux du vrai relève d'une gageure. A Londres, on trouve un bébé dans son couffin devant un distributeur de billets. No comment ! 


À la galerie Perrotin (du 13 octobre au 22 décembre... Too late !) On a vu un comptoir oval et immaculé dont les tabourets sont si hauts qu'ils sont inaccessibles aux clients... Contact impossible dans ce monde trop connecté ! "Nous avons besoin de la VRAIE vie sinon l'égoïsme nous guette." Dans la salle d'à côté ce sont des panneaux de signalisation remplacés par des miroirs réduits à leurs formes, qui renvoient le visiteur à sa propre image. Partout sévit la déconstruction de nos schémas mentaux, l'humour n'est jamais loin, ils dézinguent mais tout va bien ! 


Quelques heures encore avant Noël pour profiter de la  Maison d'art Amelie qui garde ses portes ouvertes jusqu'au bout pour vous accueillir, vous réchauffer et vous tenter... Joyeux Noël à tous.

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